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Affichage des articles associés au libellé espace public

Parking

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Le centre-ville de Sète (Hérault) est pris à la gorge depuis de nombreux mois par la destruction de la place Aristide-Briand en vue de la construction d'un parking de 300 places. Une partie des habitant.es - physiquement concerné·es par le chantier et/ou par les dommages que profit et capitalisme font peser sur l'environnement humain et non-humain-, ne décolère pas et le fait savoir chaque semaine à un édile indifférent. Une autre population – peut-être moins riveraine ou simplement de passage -, avise sans ciller les affiches rédigées en langue de bois qui tentent de convaincre que tout va bien pour les dizaines d'arbres « déplantés ». Si l'on en croit les commentaires et les articles de presse , le chantier est un grand bourbier, dans tous les sens du terme. C'est également une impressionnante verrue urbaine.    Place Aristide-Briand, avant.   La place Aristide-Briand en ce moment. Ailleurs comme à Grants Pass (Oregon), une partie de la population s'est récemm...

Bogue

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Les vingt années qui ont mené le monde surtout blanc occidental vers le troisième millénaire ont été chargées en projets dont la symbolique de départ – le bug de l'an 2000 - s'est effondrée comme un vieux soufflet. Parmi eux, le Génitron, horloge atomique qui devait, depuis le cœur de la capitale française, décompter les secondes qui allaient mener l'humanité au seuil d'un nouveau monde. Reconstituée ici, l'histoire de ce flop combine deux voix : celle de la presse quotidienne nationale et celle de l'architecte François Scali, l'un des deux concepteurs – avec Alain Domingo, cofondateur de leur agence Nemo -, du Génitron. Le Génitron devant l'entrée du Centre Pompidou Imaginé en 1984, le compte à rebours met quelques années à trouver la technique idéale pour son mécanisme horloger de longue durée. Sans concours d'archi ni commande quelconque sur lesquels s'appuyer, Scali le co-inventeur se met en campagne pour trouver une institution prête à héber...

Balise

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A l'heure où le tarif du gaz domestique explose (pour qui y a accès), à l'heure où le ministère de l'intérieur n'en finit pas de lâchement détruire les abris des personnes à la rue, penchons-nous un instant sur un concours parrainé au début des années 1990 par le Forum Butagaz pour l'Architecture. On trouve au départ un prof d'archi, Chilpéric de Boiscuillé (de son vrai nom Jean François de Moncuit de Boiscuillé) qui cherche à faire réfléchir ses étudiant·es de l'Ecole supérieure d'architecture de Paris aux « nouvelles mobilités sociales et à l'espace qui en découle ». On est en 1991, le RMI est en place depuis deux ans, le monde du travail se transforme à coup de contrats à durée déterminé qui dé-sédentarisent les salarié·es, morcellent leurs journées de travail et les forcent à plus de mobilité pour espérer finir le mois. Et maintenir un domicile pour les plus chanceux·ses ou les mieux armé·es. Chilpéric ouvre les portes de l'éco...

Miroir

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De celui-ci on ne peut pas dire qu'il est beau. Il a été posé fin octobre place du Palais-Royal, à Paris. Il dissimule le chantier de rénovation d'une partie du Louvre des Antiquaires (propriété de la Société foncière lyonnaise) qui doit accueillir la Fondation Cartier pour l'art contemporain. Le miroir recouvre trois côtés d'un quadrilatère posé pour masquer des échafaudages et des containers empilés. Le quatrième côté, face à la galerie marchande, laisse voir le chantier. L'auteur du cube-miroir s'appelle Jean Nouvel. Il a construit, il y a presque tente ans, le premier bâtiment de la Fondation Cartier, qui fait de nouveau appel à lui pour son deuxième local. On imagine qu'avec ce miroir à trois faces, Nouvel comme Cartier pensent offrir à la ville une plus-value esthétique, une manne à selfies. Fini les pâles Algeco qui encombrent et défigurent, place à l'effet miroir qui multiplie à l'envi la beauté architecturale du site. Processus connu, le re...

Butte

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Une récente visite du parc des Buttes-Chaumont (1) a été l'occasion de remettre en lumière le sous-texte technologique d'un grand nombre de parcs d'agrément (sans l'invention du béton, pas de rocaille, par exemple) et de reposer une question cruciale : à qui s'adresse l'embellissement de la ville ? La décision d'embellissement - et les choix qui en découlent -, est encore, souvent, prise d'une façon unilatérale, sur la base de critères parfois difficiles à obtenir.   Londres, influence majeure des ingénieurs et concepteurs des années 1830-1870 qui forgèrent le parc parisien de Buttes, a été le site l'année dernière d'un exemple de manufacture paysagère fort intéressant. Au sortir des restrictions sévères liées à l'épidémie de Covid, le conseil municipal de Westminster décide de mettre les bouchées doubles pour relancer l'économie. Il mise sur l'attractivité de l'arrondissement - déjà bien pourvu en jolies choses -,  et lance une r...